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Pailler avec la plaquette forestière

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Production de la plaquette forestière pour le paillage

Le meilleur moment pour produire la plaquette forestière est le moment où les végétaux sont en période de sève descendante. Il vaut mieux broyer les branches « en vert » et non pas sèches. Le séchage se fera par fermentation quand la plaquette sera en tas.

Une fois broyée, il faut rapidement acheminer la plaquette vers l’endroit où vous avez prévu de la faire sécher. Idéalement, le séchage de la plaquette se fera dans le bâtiment. Elle peut aussi être séchée à l’extérieur sous une bâche respirante ou à l’air libre.  Le séchage durera 3 à 4 mois environ (un peu plus si la plaquette est stockée en extérieur).

Attention : il ne faut pas déplacer le tas de plaquettes quand il a commencé à sécher sous peine de casser la fermentation et de ne plus pouvoir sécher les plaquettes ensuite.

Il est conseillé de ne pas utiliser d’essences trop tanniques comme le chêne ou le châtaignier.

 

Comment l’utiliser dans le bâtiment ?

L’utilisation de la plaquette est assez souple et doit être adaptée au bâtiment et au matériel de chacun. Plusieurs itinéraires de paillage peuvent être utilisés.

Technique

Caractéristiques

Sous-couche de 10 à 12 cm pour les bovins ; 6 à 8 cm  pour les ovins ; puis paillage ensuite.

La sous-couche permet de ne pas pailler pendant 3 semaines à 1 mois. La reprise du paillage avec de la paille doit se faire en fonction du niveau de salissement des animaux, et non de l’aspect de la plaquette, car celle-ci noircit rapidement.

Il ne faut pas en mettre en excès, sinon la plaquette de dessous restera sèche et n’absorbera pas les jus. Dans ce cas, la plaquette peut être mélangée avec un vibroculteur ou motoculteur.

Mille-feuille paille / plaquette

Couches de paille et plaquettes successives. Les couches de plaquettes sont de l’ordre de 2 cm. La couche de base en plaquettes est plus épaisse.

Paillage intégral plaquette

Sous-couche de 8 à 10 cm de plaquettes, puis paillage avec des couches successives de plaquettes de 1 à 2 cm.

 

Attention : le paillage suivant doit intervenir en fonction du niveau de salissure des animaux et non de la couleur de la plaquette, car la plaquette noircit rapidement.

Pour l’épandre dans le bâtiment vous pouvez utiliser plusieurs techniques :

  • Au godet ou au chargeur : facile pour la première sous-couche, mais plus compliqué quand les animaux sont dans le bâtiment.
  • à la pailleuse : un peu perturbant pour les animaux au début, mais ils s’y font rapidement. Et c’est simple à mettre en œuvre.
  • A la main avec une pelle à neige (très chronophage).

 

Impact sanitaire sur le troupeau (ce que l’on sait et le ressenti des éleveurs qui l’ont essayé) :

  • Pas de boiteries observées.
  • Pas de problème de nombrilite voir diminution du problème.
  • Diminution des mouches en période estivale.

Attention, la litière peut être un peu froide pour les petits veaux. Veuillez à réserver un coin avec de la paille pour ceux-ci.

 

Entretien des haies sur l’exploitation

Les haies de l’exploitation peuvent fournir une partie de la plaquette nécessaire au paillage des animaux. Les haies, comme les forêts, produisent du bois tous les ans. Récolter et broyer cette ressource permet de rajeunir les haies et de rentabiliser cette opération de nettoyage. L’entretien se fait hors sève (octobre à mars). Dans l’idéal, il faut récolter surtout des branches de diamètre supérieur à 7 cm, et le tas de branches ne contiendra pas trop de feuilles pour éviter l’effet de « compost » au séchage du tas.

Utilisation du fumier après curage et valeur agronomique

A la sortie du bâtiment, il est préférable de laisser la plaquette composter 2 à 3 mois à l’extérieur en andain avant de l’épandre. L’épandage sur les prairies peut être réalisé avec un épandeur à fumier classique.

Il ne faut pas enfouir la plaquette pour qu’elle se décompose bien. Environ 2 mois après avoir épandu le fumier, la plaquette forestière a quasiment disparue.

Quid de la valeur agronomique de ce produit ?

Les analyses menées dans le Cantal et dans la Lozère montrent le peu de différence qu’il y a avec un fumier pailleux classique. La totalité des fumiers analysés étaient des mélanges paille/plaquette.

 

 

Données générales

1 m³ de bois = 2,5 Mètres cubes Apparents de Plaquettes (ou MAP)

4 MAP = 1 tonne de paille (Attention cela peut varier suivant l’utilisation que l’on fait de la plaquette)

Le broyage coûte entre 6 et 13 € du MAP suivant le chantier et le prix proposé par l’entreprise.

Selon les retours d‘expériences des régions plus au Nord (Aveyron, Lozère, Cantal, Puy de Dôme, Allier), la plaquette forestière devient compétitive lorsque le prix de la paille dépasse 90 € à  100 €/Tonne.

Attention : quelques éleveurs du Tarn ont remis en question ce ratio, la plaquette forestière leur étant revenue plus chère que la paille.

Deux choses pourraient expliquer en partie ces différences : une utilisation trop importante de la plaquette (sous-couche trop épaisse), une plaquette trop humide (moins d’absorption).

Vos conseillers

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Guillaume CABE

Conseiller Forêt

Tél : 06 17 68 29 43

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